L’Edito du 9 novembre 2014. Le donneur de leçons vous parle de la nouvelle piscine de la Kibitzenau.

La piscine provisoire achetée pour les besoins des championnats du monde masters de Montréal 2014.

La piscine provisoire achetée pour les besoins des championnats du monde masters de Montréal 2014.

Coucou chers lecteurs de « Des piscines pour tous ». Cela fait bien longtemps que nous n’avions pris notre plume. Le moment est venu de reprendre nos conversations. Je vais vous parler de la nouvelle piscine de la Kibitzenau. Joyau parmi les joyaux à entendre nos amis élus et techniciens du « château ». Notre point de vue est différent. Disons le tout de go : cette rénovation est plus que critiquable. Tout cet argent pour ça ? Seul les ignorants fiers de l’être ou les démagogues intéressés applaudiront. Pourquoi ?

Faisons le tour. Des vestiaires mal disposés où il suffit qu’une personne dépose ses affaires dans un casier pour qu’une autre ne puisse plus passer. Des cabines de déshabillage de qualité médiocre. Des sanitaires en nombre insuffisant (deux WC pour les hommes). Des douches de qualité en nombre également insuffisant (heureusement que le personnel laisse libre d’accès les douches prévues pour les scolaires). Les casiers des douches sont aussi sous-dimensionnés. Nous ne sommes plus dans les années 60 où l’on venait à la piscine avec sa serviette, son gant de toilette et son shampoing. Aujourd’hui on va à la piscine avec son sac de piscine qui contient lunettes, pull-boy, plaquettes de nage, palmes, serviette, etc… L’arrivée vers le bassin, à la sortie des douches, pose aussi problème. En effet, vous débouchez sur la partie profonde du bassin de 50m. Dans la quasi totalité des piscines les entrées se font sur les petites profondeurs pour éviter tout risque de noyade. Un tel aménagement devrait être, pour un jury de concours d’architecture, éliminatoire.

Poursuivons. A l’extérieur de la piscine est installée un espace solarium avec ses transats. Bonne idée, sauf que, quand le soleil frappe sur les parois en inox du bâtiment, on se retrouve dans la configuration d’un four solaire. On peut être surpris par ce choix de revêtement en inox qui rappelle les années 60. Ici, la critique est subjective mais dénote quand même du manque d’originalité de l’architecte.

Le bassin de compétition, maintenant. Ce bassin est prévu, grâce à son mur amovible, pour permettre des compétitions en bassin de 25m. Mais, quand le mur est installé et que sur celui-ci on a déposé la coursive nécessaire à l’installation des juges de nage, il est impossible d’installer les lignes d’eau dans ce qui serait le bassin d’échauffement et de récupération. A savoir que d’un côté vous avez le bassin pour la compétition et dans son prolongement, au-delà du mur, le bassin restant qu’on ne peut équiper comme il se doit pour préparer sereinement ses courses. Cas de figure probablement unique en France. Donc seule possibilité, nager en largeur car les étais indispensables au maintien de la coursive plongent dans le bassin et cela dans un intervalle d’un mètre, interdisant tout virage.
D’autres matériaux posent problème. Des revêtements noirs qui font parfois penser qu’on se trouve dans une entreprise de pompes funèbres. Et une piètre qualité des carrelages. Beaucoup sont déjà fendus, d’autres tachés ou rayés. L’usage immodéré de garde-fou et parois en verre laisse perplexe. Dangereux dès l’entrée, car trop proche des portillons on s’y érafle facilement. Idem quand on pénètre sur l’espace familial. Depuis peu, des coins en plastique de protection y ont été posés, enlevant tout l’aspect esthétique et les supports soutenant les baies vitrées sont déjà attaqués par la rouille. Les lavabos auraient, parait-il, déjà soufferts tout comme les sèches cheveux.

Ne trouvez-vous pas que cela fait beaucoup pour une piscine qui, nous a t-on fait savoir, a été conçue avec toute les compétences requises ? Ainsi un club référence de la place aurait donné ses conseils, sans parler du fait qu’un des membres éminent du service des piscines est un ancien nageur de compétition et donc, probablement, associé techniquement au projet. Celui là même qui, un jour, nous a qualifié de donneur de leçons. Faudrait-il faire appel à monsieur de La Fontaine pour qu’ils entendent la leçon non apprise ?

Notre liste de griefs n’est en rien exhaustive. D’autres détails marquants seront fournis prochainement.

L’architecte en est à sa première piscine, ça se voit. Pourquoi a t-on à ce point laissé faire ? Le coût d’un tel établissement laisse pantois. La Cour des Comptes régionale devrait se pencher sur la question ainsi que sur celle de la piscine du Wacken. Que d’erreurs d’appréciations. Que d’argent mal utilisé.

Allons bon, un exemple. La photo qui accompagne l’édito est celle de la piscine supplémentaire que la ville de Montréal a dû acheter pour la bonne tenue des Championnats de monde Masters qui ont eu lieu cet été. Nous y étions. Ce bassin, une fois utilisé, sera installé à demeure dans un autre lieu de la ville. La coût d’un tel bassin ? 1 million d’euros d’après nos renseignements. Maintenant imaginons ce bassin installé (ses dimensions: 50×25 m soit 10 couloirs de nage, norme olympique), avec ses bâtiments en dur. Jamais vous n’atteindrez les montants de la rénovation de la Kibitzenau et du Wacken. Je rajoute un lien pour se faire une idée d’un tel bassin par une vue aérienne:

Piscine-secondaire-PJD1.png 1 370 × 766 pixels

Comment conclure ? Dire tout simplement que le plan piscine est l’histoire d’une grande occasion manquée. Chers lecteurs à plus et faites circuler.

 

 

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Comments
9 Responses to “L’Edito du 9 novembre 2014. Le donneur de leçons vous parle de la nouvelle piscine de la Kibitzenau.”
  1. Jubjoteur dit :

    Bonjour,

    Je suis d’accord avec vous et pour une piscine entièrement rénovée c’est une honte. Je n’ai trouvé aucune logique dans l’ensemble.

    je suis allé à la piscine de la Kibitzenau 2 semaines après son ouverture, les distributeurs ne fonctionnaient plus. Renseignement pris c’était dès l’ouverture. La semaine dernière j’y suis retourné une seconde fois, pas de distributeurs à savon, juste des trous dans le carrelage. Ça fait donc certainement des mois qu’il n’y a plus de savon à disposition, ce n’est pas gênant la majorité a son savon, mais cela montre la qualité et le suivi de l’ensemble.

    Le déchaussage à l’entrée est mal indiqué et pas pratique, ils auraient aussi pu mettre de la couleur pour délimiter à la place d’un surveillant.

    Le fait de pouvoir arrêter l’eau de la douche est bien mais le système de 2 boutons est mauvais dans le sens où l’on ne distingue pas bien le stop sur ce modèle, à priori 1 seul bouton aurait été plus efficace, on appuie ça coule on ré-appuie ça s’arrête (ça ce fait en Allemagne). Dans une cabine le système ne fonctionnait déjà plus.

    Au niveau des sèches cheveux des crochets auraient été utile, mais point positif, il y a des sèches cheveux à main.

    Quant à la piscine du Wacken elle est aussi sujette à interrogations sur plusieurs points, ce n’est pas possible d’avoir réalisé 2 piscines avec autant d’erreurs et malfaçons.

  2. Et j’oubliais, les plots de départ ne sont même pas conformes!!! Cf. les commentaires de ce matin, 10 novembre, dans les DNA et L’Alsace (qui en fait son titre). Ah qu’ils sont fort nos experts es-natation de Strasbourg…

  3. bonnet rouge dit :

    A la Kibitzenau on constate en effet un manque de douches dès qu’il y a un peu d’affluence, plus de distributeurs de savon et pas assez de cabines pour se changer en arrivant et en repartant notamment le week-end. Deux sèche-cheveux étaient hors d’usage récemment.
    Quant au flux des usagers et des scolaires ( des collégiens et lycéens car les petits suivent un autre circuit) c’est aussi aberrant , on se retrouve tous en même temps sous les douches et dans le hall , ce qui fait que 40 personnes veulent se sécher les cheveux au même moment…….

  4. paquet cadeau dit :

    Voilà qui est curieux pour une ville qui se veut capitale européenne. Mais peut-être que la forme doit l’emporter sur le pragmatisme. Piètre résultat et je touve aussi que la propreté laisse à désirer.

  5. le mulhousien dit :

    Le titre de l’Alsace de ce matin: « Pas de plot pour Yannick Agnel » Oui ils sont forts les strasbourgeois, en natation comme en piscines.

  6. Figaro dit :

    Manque de vestiaires, entrée de la piscine par le bassin profond, merci le concepteur pour ces aberrations. De plus depuis la journée de lundi le mur est monté, infernal dans la ligne palme, impossible de nager correctement.. Quel gâchis

  7. Backstroke dit :

    Rénovation un peu moins ratée que celle du Wacken. Mais ce qui est consternant, c’est que les mêmes erreurs se reproduisent comme par exemple le parking vélo « sablé ».
    On a également les douches en coin comme aux urinoirs du CNS.

    Concernant le mur mobile relevé les lundi et vendredi, je m’interroge sur l’utilité. Alors oui, pour les compétitions en 25 m et les entraînements de water polo, je comprends bien.
    Mais pendant les deux mois de panne (et comme dans toutes les piscines de 50 m), le bassin était organisé en lignes de 50 m pour le public et les scolaires, et cela fonctionnait très bien… On dirait que ce mur est relevé uniquement pour que le mécanisme ne se grippe pas ou alors pour justifier cet investissement…

  8. Bob dit :

    Comme dirait l’auteur de Tintin et Milou, ce sont les détails qui comptent et embêtent le monde dans la durée.

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